Krystian Lupa  (sur Les Présidentes, 1999) Extrait d’entretiens

 

« […] Il me semble que Les Présidentes de Schwab est une pièce humaniste. J'ai trouvé en elle une vérité, des comportements humains, empreints de sensibilité, de douleur, de désir de bonheur. Tout ce qui compose le destin des gens. Dans notre société, il y a de plus en plus de personnes « exclues ». Elles subissent un processus de dégradation dont elles ne sont pas responsables. Ce sont des victimes de notre civilisation, et de nos exigences abusives. Les personnages des Présidentessont absolument honnêtes, et dans l'attente impatiente de quelque chose de bien, avec le bonheur à la clef. Elles sont prêtes à se soumettre à n'importe quel système de normes qui pourrait combler leur solitude. Chacune d'elles ayant été élevée d'une manière tellement misérable et insensée que la religion devient pour elles une certitude mais qui en même temps ne leur garantit aucun appui dans la vie. […]Je regarde ces femmes avec beaucoup d'attention et j'essaye de les comprendre. Pourquoi ne sont-elles pas capables de s'élever à un certain niveau intellectuel et spirituel? Pourquoi n'arrivent-elles pas à voler de leurs propres ailes? Pourquoi - comme on dit dans les médias - ne peuvent-elles pas profiter du bonheur facile ? Le bonheur est à la portée de la main, mais il est tellement inaccessible. »

 

La pièce

   

Trois femmes recherchant un bonheur hypothétique, affrontent leur parole et leurs fantasmes afin d’oublier le vide de leur existence. C’est à travers le portrait de ces femmes grotesques, inquiétantes et non moins sensibles, que Werner Schwab, dans une langue féroce, exigeante et drôle, dénonce le « bien-pensant » et une vie propre faite de règles où il faut montrer des gens biens dans les films pour que les gens deviennent plus aimables … 

 

 

La durée de la pièce est de 1h30.

Mise en scène: Catriona Laing

Avec: Catherine Denis, Martine Héritier, Carole Pereira

Décor: Emilie Stemer

Costumes: Mathilde Gibeaux/ Sara Bartesaghi Gallo

Plateau minimu: 9mX6m

-Dossier complet sur simple demande-

 

Résumé 

 

Les Présidentes c’est l’histoire de trois femmes, Erna, Grete et, la plus jeune, Marie. Trois bigotes, ne construisant leur morale que par rapport à celle de l’Eglise catholique, à ce qu’elles voient à la télé, aux paroles proférées par le Pape ou Monsieur le Président. C’est une sorte de huis clos où les trois personnages vont faire défiler leur vision de la vie, faite de contradictions et d’inepties grossières. Elles vont se critiquer entre elles sur le comment et le pourquoi de la vie, et la médiocrité de chacune va se révéler. Seule Marie semble bien vivre sa condition et elle va révéler aux deux autres la vérité qu’elles ne veulent pas entendre. Marie dérange par son regard innocent et une pure bonté qui n’est pas gâchée par le paraître et les bassesses humaines. Donc c’est elle qu'Erna et Grete, toute à leur morale catholique hypocrite, vont faire disparaître assez naturellement.

 

C’est un texte à la fois très cru et très drôle mais aussi cynique et tragique car il raconte d’une façon absurde et exagérée la solitude de ces trois femmes et leur fanatisme pour l’Eglise. On est dans le quotidien très trivial de ces êtres pour qui les mauvaises pensées viennent tout simplement des mauvaises selles qui, elles, viennent d’une mauvaise alimentation... Marie nettoie les toilettes comme elle nettoierait l’âme des gens.

Erna: " ce serait une bonne idée d'accrocher une simple croix en face de la cuvette, ou une photographie de monsieur le Président (...) ça rappelerait aux gens leur infériorité"

Marie: "Les gens distingués des bonnes familles me demandent toujours si je ne veux pas mettre des gants de caoutchouc, car ils sont d’une courtoisie décente et ont reçu une excellente éducation. Mais notre petite Marie, elle dit NON, car si Dieu le Seigneur s’est fait le monde entier, il a également fait le purin humain."

Les Présidentes de Werner Schwab
Les Présidentes de Werner Schwab
Les Présidentes de Werner Schwab

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